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On a peut-être surestimé la consommation de viande des hommes du Paléolithique

Crédits : Pixabay

Les hommes de Paléolithique avaient finalement un régime composé d’assez peu de viande, mais de nombreuses variétés de végétaux. C’est une conclusion tirée de l’étude de plus de 9 000 fossiles de plantes mis au jour dans la vallée du Jourdain, en Israël.

Dans l’alimentation humaine ancienne, un rôle majeur a souvent été attribué à la viande en grande partie parce que les os des animaux sauvages sont susceptibles d’être mieux conservés que les restes végétaux. Dans la vallée du Jourdain, sur le site de Gesher Benot Ya’aqov, occupé il y a 780 000 ans, ce sont plus de 9 000 restes de plantes comestibles qui ont été mis au jour par une équipe de l’université hébraïque de Jérusalem. Ils publient les résultats de leurs analyses dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Cette étude nous apprend que pas moins de 55 espèces différentes de plantes comestibles ont été mises au jour, qu’il s’agisse de fruits, noix, tubercules, feuilles ou encore graines. « Nous avons eu l’occasion de découvrir un grand nombre de restes de fruits, de noix et de graines dans les arbres, les arbustes et le lac, aux côtés de restes d’animaux et d’outils façonnés par l’homme » explique le Pr Naama Goren-Inbar. « Le régime alimentaire des humains d’aujourd’hui est beaucoup plus restreint que celui des premiers chasseurs-cueilleurs », ajoute-t-il.

Parmi ces espèces, une dizaine n’existe plus aujourd’hui comme certaines noix d’eau. Des traces de combustion montrent que le feu était privilégié pour consommer ces végétaux. « L’usage du feu, pour griller des noix ou des racines par exemple, permet d’utiliser les différentes parties de la plante », explique le Pr Naama Goren-Inbar.

Les conditions particulières et humides du lieu ont permis la conservation de ces restes alimentaires végétaux et ont également permis de distinguer les variations saisonnières de l’alimentation. L’été et le printemps offraient un plus grand choix avec environ 32 espèces de végétaux différents. Toutefois, les ressources étaient « étonnamment nombreuses » durant l’hiver et l’automne, admettent les chercheurs, avec une omniprésence de légumes verts.

« Il est peu vraisemblable que les hommes de l’époque aient pu survivre en suivant un menu végétarien strict, mais seule une petite portion de protéines et de graisses animales étaient nécessaires pour compléter leur régime majoritairement composé de plantes », explique Amanda Henry, anthropologue à l’Institut Max Planck, en Allemagne, au magazine New Scientist. La forte présence de la viande dans le régime de nos ancêtres a donc été plutôt surestimée.