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Un nouveau traitement (très) prometteur pour lutter contre le cancer de la prostate

Crédits : iStock

Un nouveau traitement non chirurgical du cancer de la prostate qui utilise un médicament dérivé d’une bactérie issue des fonds marins serait capable de tuer les cellules cancéreuses tout en épargnant les tissus sains et laisse la moitié des patients sans trace de cancer. L’étude a été publiée dans The Lancet Oncology.

En France, le cancer de la prostate est la 4e cause de mortalité par cancer avec moins de 10 000 décès par an. C’est également le type de cancer le plus fréquent chez les hommes. Les principales modalités de prise en charge des cancers de la prostate sont en autres la chirurgie, la radiothérapie et la surveillance active (qui permet de différer la mise en route d’un traitement), mais un nouveau traitement en cours d’expérimentation appelé « thérapie photodynamique vasculaire ciblée » serait capable de traiter efficacement les cancers de la prostate à faible risque (cancer localisé, limité à la prostate) en limitant grandement les effets secondaires.

Ce nouveau traitement non chirurgical est basé sur un médicament dérivé d’une bactérie habituée des fonds marins qui a évolué pour convertir la lumière en énergie afin de survivre avec très peu de lumière. Une propriété exploitée aujourd’hui pour développer un composé qui libère des radicaux libres et tue les cellules environnantes lorsqu’il est activé par la lumière d’un laser. L’idée consiste à injecter ce médicament sensible à la lumière dans le sang puis à l’activer avec un laser pour détruire les tissus de la tumeur dans la prostate. Dix fibres optiques sont introduites via le périnée (entre l’anus et les testicules) jusque dans la tumeur. Quand le laser est allumé, le médicament est activé et tue les cellules cancéreuses tout en épargnant les tissus sains.

L’étude a porté sur 413 patients atteints d’un cancer de la prostate à faible risque dans 47 sites hospitaliers à travers l’Europe (206 traités et 207 restant sous surveillance active). Résultat : près de la moitié (49 %) ont été guéris (rémission complète) contre 13,5 % seulement dans le groupe non traité. Et lors du suivi, seulement 6 % des patients traités ont eu besoin d’une ablation de la prostate (prostatectomie) contre 30 % dans le groupe non traité. L’impact sur l’activité sexuelle et urinaire n’a pas duré plus de 3 mois. Deux ans plus tard, aucun homme ne rapportait d’effet secondaire.

En identifiant les cancers de la prostate grâce aux IRM et aux biopsies toujours plus ciblées, les chercheurs espèrent bientôt pouvoir identifier avec précision les sujets pouvant bénéficier de cette thérapie et guérir tous les cancers de la prostate localisés à faible risque à terme.

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