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Quand les seins s’auto-cannibalisent après l’allaitement

Crédits : Pixabay

Saviez-vous qu’après l’allaitement, les cellules qui contribuent à produire le lait maternel entrent dans un processus d’auto-cannibalisme ? Ce grand ménage est conduit sous le commandement de la protéine Rac1, également surnommée « protéine Pac-Man ». On vous explique.

Lorsqu’une femme vient d’enfanter, ses seins deviennent des protubérances chargées de lait tous les jours 24 heures sur 24. En revanche, lorsque celle-ci cesse l’allaitement, les seins redeviennent ce qu’ils étaient : des appendices pratiquement inertes. En septembre 2016, la revue Developmental Cell dévoilait une étude menée par Nasreen Akhtar et son équipe de l’Université de Sheffield (Royaume-Uni), décrivant le processus de retour à la normale des seins après la phase d’allaitement.

Ces recherches, qui serviront à mieux comprendre les cancers du sein, ont mis en lumière un processus assez incroyable. En effet, les cellules qui contribuent à produire le lait maternel se transforment après la période d’allaitement en « nettoyeuses », afin d’effectuer un grand ménage permettant un retour à la normale. Cet auto-cannibalisme mammaire est orchestré par une protéine Rac1, surnommée Pac-Man en référence au célèbre jeu vidéo où le personnage principal est par la force des choses, hyper vorace.

Concrètement, lorsque la femme n’est pas enceinte ou allaitante, ses seins ne sont qu’un simple réseau de canaux entourés de graisses, la formule choisie n’est pas très jolie, nous en convenons. Reste que lors de la grossesse, une multitude de signaux hormonaux ordonnent une prolifération de cellules épithéliales (constituant la paroi des canaux), tandis que des alvéoles se forment où sera stocké le lait, de façon éphémère. C’est pour cette raison que les seins passent du simple au double en terme de taille. Lorsque la phase d’allaitement se termine, les seins retrouvent donc une taille classique. Les structures évoquées plus haut s’autodétruisent, ce qui génère une quantité non négligeable de débris.

Ce genre de « grand ménage » est habituellement le fruit du travail du système immunitaire, via le processus de phagocytage. Cependant, ce processus est synonyme d’inflammation, de douleur et de dégâts tissulaires, une cascade d’événements qui n’apparaissent pas après l’allaitement. En réalité, il s’agit du champ d’action de la protéine Rac1, qui intervient à la fois dans le cadre du phagocytage et dans la production de lait.

Cependant, lors de l’après-allaitement, la protéine Rac1 agit comme un régulateur, qui appelle les cellules épithéliales à boulotter leurs semblables, en ne faisant que très peu appel aux globules blancs habituellement très actifs lors d’une inflammation.

L’étude en question serait à même de mieux comprendre le processus de développement des cancers du sein, tandis que cet auto-cannibalisme post allaitement pourrait réduire les risques. À suivre !

Sources : Science DailySlate