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C’est officiel, le réchauffement climatique est devenu totalement irréversible

L’atmosphère terrestre a officiellement atteint une concentration de CO2 de 400 parties par million (ppm), un tournant dans l’histoire et un point de non-retour puisqu’avec ce seuil atteint, le réchauffement climatique devient totalement irréversible. Ces niveaux de concentration du carbone ne diminueront plus.

L’atmosphère terrestre a officiellement atteint une concentration de CO2 de 400 parties par million (ppm), et « tout nous porte à croire que cette valeur ne diminuera pas, ni avant la fin de l’année, ni… jamais » peut-on lire dans un billet de l’Institut d’océanographie Scripps, basé sur la surveillance hebdomadaire des niveaux de CO2, par l’Observatoire de Mauna Loa à Hawaii.

Cela fait déjà quelques années que nous savons que si la concentration de carbone dans l’atmosphère venait à dépasser les 400 ppm, il s’agirait là d’un seuil critique, un point de non-retour nous faisant entrer dans une période où le réchauffement climatique deviendrait totalement irréversible. Ce seuil a été atteint pour la première fois en 2012 dans la région Arctique et trois ans plus tard, pour la première fois, la concentration de carbone dans l’atmosphère s’est maintenue au-dessus de 400 ppm pendant un mois entier.

Pour les experts, ces niveaux de concentration du carbone ne descendront plus, puisque selon la nature cyclique de l’évolution de la concentration de CO2 observée à Mauna Loa, c’est aux environs de septembre de chaque année que les niveaux de CO2 sont au plus bas. Pour cette année, le point le plus bas de la courbe indique 401 ppm.

L’accord de Paris qui a résulté de la COP21 vise à lutter contre les effets des changements climatiques avec des objectifs précis, notamment maintenir des températures moyennes globales en dessous d’un niveau critique correspondant à +1,5°C au-dessus des moyennes pré-industrielles. Seulement, les 60 pays qui ont ratifié l’accord ne sont responsables que de 47,76% des émissions mondiales de carbone. Ainsi, les conséquences à prévoir sont les suivantes :

Extinction de masse : Le taux d’extinction est aujourd’hui 1000 fois plus rapide qu’avant l’apparition de l’Homo sapiens moderne. Selon la WWF, ce sont 10 000 espèces qui s’éteignent chaque année, et la liste des espèces en danger critique s’allonge de jour en jour. À ce rythme là, en 2050, c’est un quart des espèces vivantes qui pourraient être éteintes.

Rupture de la chaîne alimentaire : Il s’agit là d’une conséquence directe des extinctions de masse, le déséquilibre permanent des chaînes alimentaires avec un effet domino incontrôlable. Exemple en Arctique, où l’augmentation de la température des océans (+7° en 50 ans) impacte le développement des algues marines, privant ainsi les populations de zooplancton, morues, phoques et ours polaires de nutriments essentiels.

Élévation du niveau des eaux : La fonte des glaciers entraîne la montée du niveau de la mer, redessinant lentement mais sûrement les littoraux. Une migration de masse vers l’intérieur des terres est à prévoir avec, d’ici 2100, plus de 13 millions de personnes qui devront se déplacer. Le processus a d’ailleurs déjà commencé dans certaines régions du monde, notamment dans l’Océan Pacifique. Pour les experts, même si nous parvenons à stopper la hausse des températures, ce phénomène ne pourra lui pas être arrêté.

Acidification des océans : L’excès de CO2 dans notre atmosphère, ce sont les océans qui l’absorbent, provoquant une diminution de leur PH et donc leur acidification. Un phénomène déjà responsable de l’extinction d’écosystèmes marins entiers, notamment les coraux, en grande souffrance, ce qui va là aussi déséquilibrer de manière forte et irréversible les écosystèmes océaniques.

Source : climate, scrippsmotherboard