Plus de morts que de vivants sur Facebook en 2098 ?

Selon un statisticien américain, plus de la moitié des inscrits sur Facebook seront des personnes décédées à l’horizon 2098, ce qui en fera partiellement un « cimeterre virtuel ». Depuis que l’humanité...
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Selon un statisticien américain, plus de la moitié des inscrits sur Facebook seront des personnes décédées à l’horizon 2098, ce qui en fera partiellement un « cimeterre virtuel ».

Depuis que l’humanité est apparue sur Terre et jusqu’à aujourd’hui, 108,2 milliards individus sont nés et 93 % d’entre eux sont morts, selon un démographe travaillant pour le Population Reference Bureau. Sur Facebook, ce ratio n’est pas identique évidemment puisque sa création remonte à 2004, mais un beau jour de l’an 2098, il y aura plus de morts que de vivants qui seront « titulaires » d’un compte sur le célèbre réseau social. Vraiment ?

Cette information a été relayée par le site Fusion dans un article du 4 mars 2016 et provient d’une étude statistique, sous forme d’estimation, à mettre à l’actif d’Hachem Saddiki, doctorant en statistiques à l’Université du Massachusetts. Pour arriver à cette estimation, Hachem Saddiki s’est basé sur plusieurs types de données.

Il a pris en compte la croissance du nombre d’utilisateurs Facebook (1,5 milliard en 2015), le profil démographique de ces mêmes utilisateurs ainsi que le taux de mortalité des Centers for Disease Control, l’agence gouvernementale américaine en charge du contrôle et la prévention des maladies. À propos du profil démographique des utilisateurs, le site Statista avait conclu début 2015 que 26 % des utilisateurs américains étaient âgés de 18 à 24 ans et que 10,6 % incarnaient les plus de 65 ans.

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Forcément, une telle estimation est à considérer avec une grande prudence. En effet, Hachem Saddiki est parti du postulat que chacun des comptes utilisateur constituerait une sorte de mémorial pour leurs proches. Cependant, ce n’est actuellement pas vraiment le cas : les proches d’un défunt ne viennent pas nécessairement se recueillir sur leur mur. De plus, en considérant également que ces mêmes proches peuvent demander la destruction du compte du défunt, ceci reste donc difficilement estimable.

Il est possible de pousser un peu plus loin en évoquant le fait que le taux de mortalité aux États-Unis n’est pas représentatif de tous les utilisateurs Facebook, ainsi que la prise en compte d’Hachem Saddiki, et ce sans remise en question, d’une information qui reste à prouver et à dater : la stagnation de la croissance des utilisateurs Facebook.

Le manque de précisions concernant le taux de mortalité et la croissance des utilisateurs de Facebook amputent donc la qualité de cette étude statistique, surtout si l’on s’intéresse aux 53 % des utilisateurs Facebook qui avaient entre 16 et 34 ans en 2014, soit plus de la moitié. Ils succomberont au cours du XXIe siècle, mais est-ce que le réseau social existera encore ?

Sources : SlateRTLClubic


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