Iran : un projet original de centrales électriques peuplées et durables

Un jeune architecte iranien a imaginé un projet visant à transformer des centrales électriques en quartier résidentiel. Ce projet s’inscrirait dans le cadre du développement durable et s’adapterait à...
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Un jeune architecte iranien a imaginé un projet visant à transformer des centrales électriques en quartier résidentiel. Ce projet s’inscrirait dans le cadre du développement durable et s’adapterait à des conditions de grand froid, comme dans le nord canadien ou en Sibérie.

L’idée de l’architecte iranien Kawan Golmohammadi est très originale : habiter dans des centrales de production d’énergie électrique. Ce maitre de conférences à l’université du Kurdistan a déjà exposé son projet baptisé Cypher CO2ling Plant. Le but ? Repenser les liens entre l’humain et ses infrastructures de production énergétique, tout en réutilisant la chaleur produite à destination du chauffage urbain, mais pas seulement.

Les installations du Cypher CO2ling Plant sont séparées en deux parties. Premièrement, la tour de refroidissement sera équipée d’habitations sur sa structure extérieure, incarnée par un complexe de 50 étages alternant des espaces individuels de 3 mètres de hauteur ainsi que des espaces verts compris entre 6 et 11 mètres de hauteur. Chacun des étages sera divisé entre trois parties bien distinctes : zones résidentielles, zones commerciales et espaces de verdure. D’ailleurs le toit de la tour accueillera une base de loisirs.

Les zones commerciales comporteront des restaurants et autres magasins, ainsi que des hôtels, entre autres. Côté espaces verts, il y aura bien sûr des parcs, mais également des jardins, preuve d’une volonté d’intégrer au projet le concept d’agriculture urbaine.

La seconde partie des installations entrant dans le cadre du Cypher CO2ling Plant sont incarnées par l’usine de production de la centrale, qui habituellement présente en surface, sera ici enterrée sous une colline boisée, où les cheminées côtoieront une végétation en quantité, destinée à absorber le C0² rejeté. Non loin de là seront implantées des exploitations agricoles de type fermes, vergers ou encore fruitiers. Également, seront présents des lieux destinés au tourisme, comme des centres d’hydrothérapie.

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« Aujourd’hui, les centrales électriques génèrent certes de l’énergie, mais les pertes thermiques sont très importantes. D’un côté, nous rejetons cette chaleur, et de l’autre nous brulons encore du combustible dans nos maisons pour nous chauffer. C’est deux fois trop de pertes énergétiques réalisées » explique Kawan Golmohammadi.

L’idée de base est donc l’utilisation de ces pertes thermiques pour alimenter toutes les installations évoquées ci-dessus, dans un circuit quasi autonome, par exemple pour chauffer les habitations durant l’hiver. Pendant l’été, l’excédent de chaleur pourra être réutilisé sous forme d’électricité par le biais de micro-générateurs, tandis que l’eau chaude pourra l’être afin d’alimenter les centres d’hydrothérapie et les zones résidentielles, par le biais du réseau de distribution.

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Le point le plus intéressant réside dans le fait que Cypher CO2ling Plant est adaptable à n’importe quel type de centrales, qu’elles soient à charbon, au pétrole, au gaz naturel ou encore à biomasse. Bien évidemment, les centrales nucléaires sont écartées des possibilités. De plus, selon l’architecte, des pays comme « le Canada, la Russie, le nord des États-Unis ou le nord de l’Europe » seraient des zones idéales d’implantation, car potentiellement intéressées par cette technique de réutilisation de la chaleur.

Côté design, Kawan Golmohammadi explique avoir été attiré par l’aspect peu esthétique des centrales électriques existantes, qui selon lui, gagneraient à être restructurées en espaces habitables que l’on aurait préalablement embellis. Les centrales électriques sont installées en dehors des villes, ce qui serait un atout, car « il y a moins de bruit et de pollution qu’en ville, c’est bénéfique pour les gens qui y vivront ». Limiter les déplacements, les nuisances, et donc la pollution entre dans une volonté de rapprocher logements et bureaux, car selon l’architecte : « C’est autant d’argent et de temps gagnés pour les usagers ».

« J’ai reçu quelques commentaires à propos du danger d’être à proximité d’équipements haute tension, et sur les risques d’explosion dus au réservoir de carburant. Ces objections sont correctes bien sûr, mais elles peuvent être résolues », indique Kawan Golmohammadi, qui se veut rassurant pour ce qui est d’éventuels questionnements techniques touchant aux problématiques liées à la sécurité des riverains.

L’intéressé n’a pas encore évalué le coût du projet Cypher CO2ling Plant et n’a pas non plus entamé de démarches concrètes. Il tente de justifier un proche départ vers une destination où le projet sera applicable :

« Je vis en Iran. Dans mon pays, ces projets ne sont pas pris en compte pour de nombreuses raisons, par exemple le manque d’attention aux questions environnementales de la part des décideurs. »

Voici quelques schéma du projet Cypher CO2ling Plant :

234Sources : Le MoniteurInhabitat

Crédit photos : Archdaily


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