Ce que les derniers mots des condamnés à mort nous apprennent

Des psychologues ont étudié des centaines de déclarations de détenus sur le point d’être exécutés au Texas. Les derniers mots des condamnés à mort s’avèrent être une source d’information...

Des psychologues ont étudié des centaines de déclarations de détenus sur le point d’être exécutés au Texas. Les derniers mots des condamnés à mort s’avèrent être une source d’information utile afin de vérifier la théorie de la gestion de la peur.

En août 2014, les derniers mots de centaines de détenus exécutés au Texas depuis 1982 ont été rendus publics par le Département de la justice criminelle du Texas, et la liste s’allonge en 2016. Le dernier condamné exécuté dans cet état se nomme James Freeman, mort le 27 janvier 2016.

A partir de ces sources, une étude a été menée par une équipe de psychologues menée par les docteurs Sarah Hirschmüller et Boris Egloff du département de psychologie de l’Université Johannes Gutenberg, située dans la ville de Mayence en Allemagne. Les résultats des recherches ont été publiés dans la revue Frontiers in Psychology le 13 janvier 2016.

Les chercheurs ont fait le choix d’analyser 407 déclarations finales de condamnés entre 1991 et 2013 au Texas, à qui l’on a ôté la vie par injection létale. Le but étant de vérifier la théorie de la gestion de la peur (TMT),

Selon cette théorie : « D’une part, l’instinct animal présent en chaque être humain implique un besoin de se protéger et de chercher à survivre. D’autre part, grâce à ses capacités cognitives, l’homme est conscient du caractère inéluctable de sa propre mort contrairement aux autres animaux. Ces deux constats constituent une source de tension chez l’Homme. »

La théorie de la gestion de la peur pourrait expliquer les raisons qui font qu’un condamné à mort n’exprime pas forcément de tristesse au moment d’être exécuté. Selon Science of us, le blog du New York Magazine :

« Le cerveau serait capable, en un sens, de travailler sans qu’on en ait conscience pour nous protéger de la peur suscitée par une situation terrorisante. Il nous encouragerait à être positifs. »

Voici un exemple parmi les déclarations finales soutenant cette théorie :

« J’aimerais remercier mes parents pour avoir été mon pilier tout au long de cette épreuve. Remercier mes frères et sœurs et tous les membres de ma famille qui m’ont soutenu et qui m’ont aimé malgré mes fautes et imperfections. J’aimerais remercier le Pasteur Williams pour m’avoir conseillé et guidé. J’espère que (mon exécution) apportera la paix à la famille de la victime. (…) Ça a été un long voyage, un voyage de lumière. Ce n’est pas la fin, ce n’est que le commencement. »

Les chercheurs ont comparé ces écrits avec d’autres documents tels que de vraies lettres de suicide, ou encore des travaux réalisés par des étudiants en psychologie, dont le but était d’imaginer leur propre mort. Ils en ont conclu que les derniers mots des condamnés comportaient beaucoup plus de mots positifs. Ainsi, les condamnés à mort feraient souvent preuve d’une solide gestion de leur peur face à une mort imminente.

Cependant, le journaliste de Science of Us, Jesse Singal, exprime ses réticences face à cette étude qu’il ne pense pas « irréfutable » :

« Si vous faisiez face à une situation terrible et difficile à vivre émotionnellement, n’y a-t-il pas une chance que vous soyez empli d’émotions positives à la vue ou à la pensée d’un être cher? » questionne-t-il, à propos de la présence éventuelle de la famille du condamné au moment de l’exécution.

Sources : Science of UsSlateLibération


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