Grand espoir de la science, cet animal est immunisé contre toute forme de cancer !

Existe-t-il un rongeur plus surprenant que le rat-taupe ? Déjà connu pour son extraordinaire longévité et son organisation sociale complexe, il s’avère en plus que cet animal est immunisé contre...
Roman Klementschitz
Roman Klementschitz

Existe-t-il un rongeur plus surprenant que le rat-taupe ? Déjà connu pour son extraordinaire longévité et son organisation sociale complexe, il s’avère en plus que cet animal est immunisé contre toute forme de cancer !

Le cancer n’est pas une maladie exclusive à l’espèce humaine. Il s’agit d’un processus biologique répandu dans le monde animal, bien qu’accentué par les activités humaines (exposition à la pollution par exemple). Rappelons que le terme « cancer » désigne la multiplication anormale de certaines cellules du corps, aboutissant à la formation de tumeurs. En théorie, la probabilité qu’un organisme développe un cancer dépend de deux critères : le nombre de cellules que contient l’animal et son espérance de vie. Ainsi, un individu de grande taille et vivant longtemps aura plus de chance de contracter un cancer qu’un autre de petite taille à la longévité plus faible. C’est mathématique.

Seulement, tous les animaux ne suivent pas cette règle : c’est ce que l’on appelle le paradoxe de Peto. Par exemple un éléphant a moins de chances de contracter un cancer qu’un être humain. Ce phénomène est également présent chez de plus petits animaux comme la souris, autant exposée au cancer que nous. Mais au royaume des exceptions, le trône est sans conteste attribué à l’hétérocéphale, plus connu sous le nom de rat-taupe nu. Une souris de laboratoire vit en moyenne 4 ans : de taille similaire, le rat-taupe peut vivre jusqu’à 30 ans. En 2013, Gorbunova et ses collègues ont mis en valeur une autre singularité de cet animal : il ne développe jamais de tumeur ! Les chercheurs ont montré que cette immunité au cancer provenait de la production en grand nombre « d’une forme particulière d’acide hyaluronique, cinq fois plus grande que celle secrétée par le corps humain ». Cette substance épaisse et sucrée située entre les cellules agit comme une barrière protectrice, les empêchant de se multiplier de manière désordonnée.

Cette découverte a soulevé des interrogations quant au possible usage de cette molécule pour traiter les tumeurs chez l’Homme. A l’origine de cette trouvaille, Gorbunova déclare espérer qu’un traitement utilisant cette molécule puisse être disponible sur le marché d’ici l’année 2020. « L’acide hyaluronique est déjà employé actuellement, nous avons juste besoin de commencer à tester son homologue du rat-taupe », précise-t-elle. Néanmoins le métabolisme du corps humain reste différent de celui du rat-taupe. Nous ignorons encore quel effet peut produire cette molécule sur nous, positif comme nocif. Les recherches portant sur l’action de l’acide hyaluronique humain sur les cellules cancéreuses se poursuivent. Mais l’étude de sa version rat-taupe représente un espoir supplémentaire dans la lutte contre le cancer, « et ça c’est taupe ! »

Par Vincent JOURDAIN

Sources : BBCsoocuriousnature


Vous aimerez aussi