Est-ce qu’il vaut mieux avoir un petit ou gros cerveau ?

On savait déjà qu’avoir un gros cerveau n’était pas forcément un gage d’intelligence (lire notre article), mais, selon une récente étude, cela rimerait même plutôt avec danger d’extinction. Pour...
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On savait déjà qu’avoir un gros cerveau n’était pas forcément un gage d’intelligence (lire notre article), mais, selon une récente étude, cela rimerait même plutôt avec danger d’extinction. Pour les petits mammifères, du moins.

Au cours des 40 derniers millions d’années, les mammifères avec une plus grande taille relative du cerveau étaient en effet moins susceptibles de disparaître, la taille de leur cerveau leur conférant un avantage cognitif, et donc évolutif. Mais chez des espèces de mammifères vivant aujourd’hui, nous constatons une tendance inverse. Une nouvelle étude suggère en effet que les mammifères ayant de gros cerveaux ont plus de risque de disparaître.

Dans cette étude parue dans Proceedings of the Royal Society B, Eric Abelson a calculé la taille du cerveau de 1.679 animaux (de 160 espèces différentes) et a comparé ces mesures aux données de l’Union internationale pour la conservation de la nature, qui évalue le risque d’extinction de milliers d’espèces et de sous-espèces. En comparant ces données, le scientifique a mis en évidence une corrélation entre coefficient d’encéphalisation et probabilité d’extinction. Une tendance qui concernerait surtout les petits mammifères.

Entretenir un gros cerveau aurait en effet un coût métabolique important impliquant une plus forte consommation d’énergie (les animaux doivent manger plus pour l’alimenter) sans pour autant apporter une meilleure valeur adaptative. Et pour Eric Abelson, les coûts d’un fort coefficient d’encéphalisation dépassent les avantages pour les petites espèces, qui ne peuvent se protéger des dangers environnementaux modernes.

Cette découverte arrive à un moment où la faune semble connaître une sixième crise d’extinction de masse, liée aux activités humaines. En établissant cette corrélation cerveau/survie, le chercheur tend à définir quelles espèces sont en danger d’extinction et quelles sont celles qui tireraient le plus de bénéfices de mesures de conservation.

Sources : Proceedings of the Royal Societyfutura-sciences


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