Une espèce qu’on croyait disparue depuis 150 ans est redécouverte en Inde

Les scientifiques les croyaient éteintes. Des grenouilles arboricoles ont été découvertes en Inde… 150 ans après leur supposée extinction. Une espèce de reinette, nommée Frankixalus jerdonii, était considérée éteinte...
Altaf Qadri/AP
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Les scientifiques les croyaient éteintes. Des grenouilles arboricoles ont été découvertes en Inde… 150 ans après leur supposée extinction.

Une espèce de reinette, nommée Frankixalus jerdonii, était considérée éteinte depuis près de 150 ans. Aperçues pour la dernière fois dans la nature en 1870, on a redécouvert ces grenouilles par accident. En 2007, le biologiste indien Sathyabhama Das Biju décide de mener une expédition dans l’état de Bengale, à l’ouest de l’Inde, aux contreforts de l’Himalaya. Le groupe de l’expédition aurait entendu une sorte de mélodie venant du haut des arbres qui les entouraient. Intrigués, les membres de l’expédition ont donc décidé d’examiner l’origine de cette mélodie. C’est là qu’ils ont découvert que cette mélodie était produite par des grenouilles de la taille d’une balle de golf, qui se cachaient à environ 6 mètres du sol.

Après avoir longuement étudié ces grenouilles, les chercheurs de l’équipe de Biju ont finalement décrété que l’origine de cette grenouille était un mystère et que la grenouille devait donc être un type de grenouille jamais étudié. En effet, l’ADN de la grenouille, ses habitudes alimentaires peu usuelles et son anatomie particulière sont des preuves que l’espèce représente une rupture particulièrement profonde dans le cycle de l’évolution de la reinette arboricole. Les scientifiques ont donc décidé de renommer cette grenouille afin d’appuyer la différenciation avec l’espèce précédente. Le nom de la grenouille est donc passé de Polypedates jerdonii à Frankixalus jerdonii.

Le Frankixalus jerdonii se distingue également des autres espèces de grenouilles sur le point de vue alimentaire. En effet, la plupart des têtards des grenouilles se nourrissent avec de la matière végétale. Le Frankixalus jerdonii se nourrit autrement. Les femelles pondent et attachent les œufs dans des trous se trouvant dans des arbres et contenant des petites poches d’eau. Une fois que l’œuf a éclos, les têtards tombent dans la poche d’eau et se font alors nourrir par les femelles qui les alimentent en leur donnant les œufs non fertilisés à manger. Les têtards se nourriront ainsi jusqu’à ce qu’ils se transforment en petites grenouilles. Les scientifiques ont ainsi pu constater que chacun des têtards avait entre 3 et 19 œufs dans les intestins. Autre fait remarquable, ces têtards ne présentent pas de dents, ce qui contribue également à les différencier des espèces similaires.

Altaf Qadri/AP

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Restées cachées pendant presque 150 ans, ces reinettes auraient pu ne jamais être découvertes. Leur petite taille et le fait qu’elles se cachent au sommet des arbres ont bien aidé cette espèce à rester cachée. Cette espèce serait passée inaperçue pendant autant d’années et déclarée éteinte simplement parce que les scientifiques se rendent très rarement dans des régions aussi éloignées. Les scientifiques d’il y 150 ans avaient donc supposé leur extinction, car ils ne les observaient plus dans les régions proches d’eux, sans se douter que l’espèce existait toujours dans des régions beaucoup plus reculées.

Mais la survie de cette espèce est cependant incertaine. En effet, les lieux où l’on suppose que l’espèce vit actuellement seraient fortement touchés par la déforestation. Elle pourrait donc disparaître, cette fois-ci pour de bon, si la déforestation endommage trop son habitat naturel.

Source : npr


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