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Qu’est-ce que la paralysie du sommeil ?

Crédits : Flickr / Alyssa L. Miller

Un peu moins d’un quart de la population mondiale serait touchée par la paralysie du sommeil, un trouble du sommeil qui se produit lorsque l’on est sur le point de s’endormir ou de se réveiller. Sensation d’immobilisation, visions ou encore anxiété sont les composantes de ce trouble qui se trouve parfois aux frontières de la rationalité.

La paralysie du sommeil se définit comme étant un trouble du sommeil, ou de manière plus précise, une parasomnie. Ce type de trouble peut inclure les mouvements, les rêves anormaux, les émotions et les perceptions. Parmi les parasomnies, il est possible de citer le somnambulisme, les terreurs nocturnes, les éveils confusionnels (ou ivresse du sommeil), ou encore les cauchemars.

Les témoignages, nombreux, sont une base d’information disponible sur le phénomène, comme celui de David Hufford, professeur au Penn State College of Medecine (Pennsylvanie, États-Unis) cité dans une publication de l’Institut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires (INREES) en 2013 :

« J’étais étudiant. Épuisé par un bachotage intense, je m’étais couché tôt. Une heure plus tard, je me réveille; j’entends un bruit de porte et des pas étouffés. Bizarre : j’avais fermé à clé. J’essaye de bouger, de crier. Impossible. Je commence à paniquer. Soudain, je sens une forte pression sur ma poitrine, quelque chose enserrer mon cou. Je n’arrive plus à respirer, je me dis que je vais y passer! Puis mes muscles finissent par réagir, je saute du lit et m’enfuis. »

En 2014, Le Nouvel Observateur recueillait le témoignage de Matthieu, 23 ans :

« La première fois, je devais avoir 8 ans. C’est tout le temps la même chose. Je me réveille, mais je ne peux pas bouger. Je peux seulement entendre ce qui se passe autour de moi et ouvrir les yeux. Là, je vois une présence qui m’observe, puis qui m’étrangle. »

Ainsi, au-delà des sensations physiques, les visions peuvent être très variées :

« Ça pouvait prendre différentes formes : des petits bonshommes, des sortes de fantômes translucides… Ils me touchaient, je les sentais vraiment. Quand t’es gamin, tu ne comprends pas forcément que c’est une projection de ton esprit, ça paraît tellement réel. »

Mathieu est narcoleptique depuis l’âge de 11 ans, et les paralysies du sommeil qu’il connait depuis sont toujours accompagnées d’hallucinations qui peuvent être visuelles, sonores, tactiles ou même kinesthésiques (proprioception).

Yves Dauvilliers, professeur de neurologie et physiologie au Centre National de référence narcolepsie et hypersomnie (CNRNH) estime que 20 % de la population mondiale serait touchée par la paralysie du sommeil (assez souvent pour le reconnaitre). De plus, 35 % des personnes concernées sont sujettes à des visions.

« On est complètement éveillé, avec une atonie musculaire. Lorsque l’on rêve, on est toujours en atonie musculaire, pour éviter que l’on bouge en phase de sommeil paradoxal. La paralysie du sommeil, c’est un état entre la veille et le sommeil paradoxal », explique le professeur.

Le spécialiste explique également qu’habituellement, la paralysie du sommeil intervient dans des périodes d’anxiété, de dépression ou de décalage horaire, mais en cas de phénomène récurent, « il faut voir s’il n’y a pas de pathologie, comme la narcolepsie. »

Un film documentaire intitulé The Nightmare (le cauchemar) est sorti en 2015 et s’intéresse à la paralysie du sommeil :

Sources : Le Nouvel ObservateurCIRCEEINREESKonbini