Quand les ouvrières bourdons commencent à pondre, sonne l’heure des hostilités !

Selon une récente étude, le secret de la bonne entente entre les bourdons s’expliquerait par la stérilité des ouvrières. Puis arrive la fin de l’été. « Chez les insectes sociaux,...
Didier Descouens
Didier Descouens

Selon une récente étude, le secret de la bonne entente entre les bourdons s’expliquerait par la stérilité des ouvrières. Puis arrive la fin de l’été.

« Chez les insectes sociaux, les ouvrières sont un excellent exemple de comportement altruiste. Elles évitent de se reproduire et mettent toute leur énergie dans l’éducation de leurs frères et sœurs », a expliqué à l’AFP Ann-Marie Rottler-Hoermann de l’Université de Ulm en Allemagne et coauteur de l’étude.

L’une des clés du succès écologique et évolutif des insectes vivants en colonies serait ainsi l’abstinence sexuelle. En effet, dans la plupart des colonies d’hyménoptères sociaux, la reproduction est limitée à un ou quelques individus, les reines, alors que la majorité des femelles, ouvrières, reste stérile et se concentre sur des tâches telles que les soins aux larves, la recherche de nourriture, l’entretien et la défense du nid. Tout le monde sait ce qu’il a à faire, et tout va bien dans le meilleur des mondes. Sauf que chez certains bourdons, les ouvrières deviennent fécondes en été. Commence alors les hostilités.

Quand la reine se réveille de son hibernation, au printemps, elle pond ses premiers œufs, les premières ouvrières, qui prendront en charge la collecte de nourriture, la construction du nid et l’alimentation des larves. De son côté, la reine se concentre sur la ponte et la production de nouvelles ouvrières. Mais lorsque la colonie a atteint une certaine taille, la production des ouvrières s’arrête et les ouvrières deviennent fécondes. Commence alors une lutte fratricide.

Dans la ruche, on commence alors à préparer l’avenir en produisant les futures reines et des mâles qui les féconderont. Les ouvrières, qui n’ont pas besoin de s’accoupler pour pondre des œufs, n’engendrent que des mâles, dont le rôle se limitera à féconder les futures reines à la fin de l’été. Les ouvrières deviennent alors des rivales pour la reine, les ressources (nourriture, soins) nécessaires pour élever les larves étant limitée, et donc très précieuses.

apiculture-populaire.com

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La ruche, autrefois paisible, devient alors le théâtre de luttes parfois mortelles : « Les ouvrières deviennent soudain très agitées, allant parfois jusqu’à se battre ou tuer les œufs des autres », note la chercheuse. « Des conflits si violents qu’ils peuvent même se solder par la mort de la reine. » Selon les résultats de l’étude, c’est un changement dans la composition de la cire qui déclencherait cette course folle à la reproduction. Des analyses chimiques des extraits de cire ont en effet révélé que les modèles et les quantités de lipides cuticulaires changeaient considérablement au cours du développement de la colonie, affectant le comportement de dominance et le développement ovarien des ouvrières.

« Chez certaines espèces d’insectes hautement sociaux, les ouvrières ne sont pas du tout capables de se reproduire. On n’observe alors aucun conflit potentiel », explique la chercheuse. Le secret de la bonne entente entre les individus pourrait donc s’expliquer par la stérilité des ouvrières.

Sources : Royal SocietyS & A


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