Pourquoi les femmes ont-elles plus de mal à dormir que les hommes ?

Selon une étude australienne, les femmes sont plus assujetties à l’insomnie que les hommes. Hormones, stress, partage du lit avec son partenaire ou encore une mauvaise hygiène de sommeil...
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Selon une étude australienne, les femmes sont plus assujetties à l’insomnie que les hommes. Hormones, stress, partage du lit avec son partenaire ou encore une mauvaise hygiène de sommeil en sont les causes.

Ce constat a été établi grâce aux résultats d’une étude menée par l’Institut Roy Morgan (basé à Melbourne, Australie) publiés en septembre 2015. Selon l’étude, dans la tranche d’âge des 18-24 ans, les femmes sont quatre fois plus atteintes d’insomnies que les hommes, alors que cet écart diminue avec un âge plus avancé. En effet, entre 50 et 64 ans, les femmes sont deux fois plus touchées par l’insomnie que les hommes.

La chaine américaine d’information CNN s’est intéressée à la question dans une émission ayant fait l’objet d’une publication le 4 janvier 2016. Plusieurs spécialistes sont donc venus éclairer les journalistes de la chaine en expliquant les raisons d’une telle différence.

Les fluctuations hormonales

« Les œstrogènes agissent sur plusieurs neurotransmetteurs qui peuvent avoir un impact sur la régulation du sommeil et la progestérone peut avoir un effet hypnotique. La variation de niveau de ces hormones peut affecter notre rythme circadien » explique Dianne Augelli, experte au Weill Cornell Center for Sleep Medicine.

Certaines périodes de la vie d’une femme sont propices aux fluctuations hormonales comme la grossesse et la ménopause. Chez les femmes ménopausées par exemple, les sueurs froides et les bouffées de chaleur sont fréquentes tandis que certaines d’entre elles peuvent voir apparaitre des apnées du sommeil. D’autres ronfleront également pour la première fois.

L’anxiété et le stress

« L’anxiété et la dépression peuvent causer l’insomnie, ou l’inverse » explique Dianne Augelli, soutenue par Michelle Drerup, psychologue spécialiste du sommeil du Cleveland Clinic Sleep Disorders Center. Cette dernière avance le terme d’« insomnie comorbide », signifiant la relation suivante : plus on a du mal à dormir, plus on a tendance à rester éveillé.

Les femmes sont plus susceptibles d’être atteintes de stress et d’anxiété du fait de leur rôle social et parental, une thèse expliquée par Michelle G. Craske, professeure de psychologie et des sciences du comportement également directrice du Centre de recherches sur la dépression et l’anxiété à l’Université de Californie, dans son ouvrage intitulé : Origins of Phobias and Anxiety Disorders: Why More Women than Men ?

Le conjoint ou partenaire

Dormir avec son partenaire dans le même lit troublerait les femmes puisque les hommes ont plus tendance à ronfler : 25 % des femmes ronflent pour 40 % d’hommes, ce qui serait dû à des différences physiques comme la taille des cordes vocales ou encore la taille de la mâchoire.

Selon la psychologue Michelle Drerup, « il est important de respecter sa propre horloge ». Cette spécialiste du sommeil donne également le conseil suivant : « essayer les chambres séparées pendant une semaine peut être un bon test. Dormir seul est une habitude beaucoup plus répandue qu’on ne le croit ».

Une mauvaise hygiène de sommeil

L’hygiène de sommeil relève de la responsabilité personnelle et ne peut être en aucun cas causée par un tiers. Selon Dianne Augelli, le mieux serait d’adopter des heures de coucher régulières, réguler la température de la chambre (pas trop élevée), limiter la présence de lumière, et pourquoi pas faire de l’exercice (pas trop près du moment du coucher).

Par contre, il est préconisé de ne pas prendre de somnifères pour trouver le sommeil, mais plutôt d’éviter l’utilisation d’une tablette ou de tout autre appareil avant de se coucher. Enfin, consulter un spécialiste au cas où l’insomnie persisterait.

Sources : CNNSlateCosmopolitan


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