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Les champignons vont-ils dépolluer le monde ?

Crédits : Michael Gaida/Pixabay

Les biotechnologies utilisent de plus en plus les champignons, ils pourraient être la solution pour un quotidien durable et écologique.

On peut citer un point important de la recherche, c’est la conférence TED de Paul Stamets (auteur de Mycelium Running : How Mushrooms can Help Save the World, il exposait alors les caractéristiques exceptionnelles des champignons comme la dépollution des sols, un biopesticide naturel. « Ce sont les seuls organismes vivants capables de dégrader la lignine et la cellulose. Ces deux molécules principales du bois se retrouvent aussi dans les énergies fossiles et sont transformées en sucre par les champignons », explique Gil Burban, ancien architecte, créateur de la startup Polypop qui utilise les champignons pour traiter des sols contaminés par les hydrocarbures.

« On construit une sorte de lasagne géante en alternant des couches de terre polluée et des couches de substrat composé de paille, de copeaux de bois et de mycélium, ce réseau de filaments qui compose le champignon. Il faut maintenir une température et un taux humidité constants dans une absence totale de lumière», a-t-il expliqué lors d’un projet de dépollution du côté de Marseille. Les propriétés dépolluantes de ces organismes sont connues depuis un certain moment, la réelle difficulté est la sortie de cette technique de dépollution des laboratoires : « On travaille avec du vivant, ce sont des pratiques inhabituelles sur un chantier et les assurances sont très frileuses. ».

À en croire les scientifiques, les champignons font partie d’un monde encore trop peu exploité, sur les 1,5 million d’espèces de champignons qu’ils devraient exister d’après les estimations, à ce jour seulement 100.000 recensés et 20.000 utilisés par l’industrie agroalimentaire et pharmaceutique. « La plupart des espèces ne sont pas cultivables en laboratoire à cause des relations très étroites que les champignons entretiennent avec leur milieu. Certains champignons éloignent les insectes et protègent les plantes des maladies. Les recherches sur le biocontrôle, le contrôle biologique, sont très à la mode », affirme Joëlle Dupont, mycologue au Muséum national d’histoire naturelle.

La recherche scientifique sur les champignons est soutenue en France par le ministère de l’Agriculture via le plan Ecophyto, un plan de soutien pour réduire de 50 % l’utilisation des pesticides d’ici 2018. « Les technologies sont prêtes, c’est totalement écologique, mais le coût n’est pas encore assez compétitif face aux énergies fossiles ».

Source : Slate