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La réalité virtuelle va-t-elle révolutionner le porno ?

Crédits : Dorcel

L’industrie du porno est mise à mal par la démocratisation des nouvelles technologies. Les spectateurs, préférant le tout gratuit sur Internet ont fui les cinémas spécialisés. Le porno lorgne désormais sur la réalité virtuelle afin de fidéliser à nouveau les adeptes, avec comme pionnier un certain Marc Dorcel.

« Beaucoup de gens recherchent des films gratuits sur internet, c’est une énorme concurrence. Tous les revenus des distributeurs sont à la baisse » indique Stéphanie Meyer, responsable en Europe d’Hustler, ce géant américain de la pornographie.

Marc Dorcel, réalisateur et distributeur français à succès depuis 1979, a présenté cette semaine au Marché international des contenus audiovisuels (MIPCOM) son premier film adapté au casque de réalité virtuelle. Il s’agit ici de montrer un court-métrage érotique 3D à 360° dans le but d’afficher l’avance technologique du groupe Dorcel.

En effet, les amateurs de films X ayant délaissé les salles de cinéma spécialisées, sont désormais adeptes des sites gratuits présents sur le Web, tandis que de plus en plus se tournent vers les films immersifs, et la réalité virtuelle constitue le matériel correspondant à ce genre de vidéos.

« Au bout d’une minute, vous oubliez l’endroit où vous vous trouvez », explique Ghislain Faribeault, vice-président de Dorcel.

Dorcel
Crédits : Dorcel

Marc Dorcel a effectué lui-même (à 81 ans) la présentation de son nouveau film, orné d’un casque sur les oreilles, d’un second devant les yeux et muni d’un smartphone connecté. Marc Dorcel se retrouve alors dans la peau d’un pseudo-réalisateur de film porno, tournant une scène avec Anna Polina, l’égérie du groupe Dorcel. Très investi, Marc Dorcel montre qu’il est possible de voir son environnement proche en tournant la tête : à gauche, deux femmes s’embrassent et à droite, l’infirmière tombe la blouse blanche. Tête baissée, on se rend compte que le réalisateur ne voit pas son corps, mais celui de l’acteur, qui a été obligé de tourner la scène avec une couronne de 14 caméras sur la tête.

« L’idée n’est pas mauvaise, mais ça veut dire que le spectateur doit acheter du matériel. C’est pour un public limité » estime Nathanael Kalfa, un autre responsable pour l’Europe d’un autre géant américain du porno : Penthouse.

Sont visés ici les fans de technologie, ceux qui n’hésitent pas à se payer le casque de réalité virtuelle, nouveau matériel onéreux que tout le monde ne peut alors s’offrir. De plus, un film adapté à cette technologie est dix fois plus cher à réaliser. Cependant, Marc Dorcel est persuadé que la réalité virtuelle est l’avenir de la pornographie.

Hustler et Penthouse semble vouloir suivre leur concurrent français, mais non sans cacher certaines réticences :

« Je ne vois pas les gens s’asseoir sur un canapé avec ce gros casque assez lourd » indique Stéphanie Meyer pour Hustler, posant la question du confort du spectateur.

« A-t-on vraiment envie que le spectateur se sente comme un acteur de X? Je trouve ça plus frustrant qu’autre chose » questionne Nathanael Kalfa pour Penthouse, sceptique sur ce qui pourrait encore changer les mentalités des spectateurs, et une image de la femme peu reluisante dans le porno jusqu’ici.

Sources : RTBFNice Matin