Cultiver sans terre et sans soleil, voici l’aéroponie !

Un immeuble de la banlieue new-yorkaise abritant anciennement une discothèque a été reconverti en ferme spécialisée dans l’aéroponie, cette culture hors-sol prometteuse faisant plus que jamais l’objet de recherches....
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Un immeuble de la banlieue new-yorkaise abritant anciennement une discothèque a été reconverti en ferme spécialisée dans l’aéroponie, cette culture hors-sol prometteuse faisant plus que jamais l’objet de recherches. Entre productivité assurée, et empreinte écologique apparemment réduite, cette forme de culture urbaine suscite l’intérêt.

L’aéroponie est à différencier de l’hydroponie. Ici, les racines des plants poussent « dans le vide », après la germination des graines sur un tissu fin et perméable. Sous le même tissu, les racines sont en contact avec un brouillard de nutriments (sels minéraux), sous forme de vapeur, laissant la place à l’oxygène, favorisant une croissance plus rapide du végétal. Une façon spéciale d’alimenter, d’ailleurs installée en circuit fermé, évitant le gaspillage de l’eau que l’on retrouve dans toutes les formes de culture.

« La technologie est au cœur de ce que nous faisons. Notre activité se situe au carrefour de la biologie, de l’ingénierie et de l’analyse de données » indique Marc Oshima, cofondateur et directeur marketing d’AeroFarms, société fondée en 2004, qui s’est autoproclamée leader en matière d’agriculture dite « d’intérieur ». Quoi qu’il en soit, il s’agit bien d’une des plus anciennes sociétés spécialisées dans ce type d’agriculture.

La chaine CNBC estime que l’aéroponie dans les fermes verticales est « The next big thing » pour l’alimentation et la technologie. Il est notamment possible de voir, dans le mini-reportage de la chaine américaine, des plants de basilic estampillés bio sans OGM ni conservateurs destinés à la vente.

Ferme géante et optimisation

Ces produits sortent d’un immeuble de briques rouges situé à Newark, New Jersey (banlieue de New York) : il s’agit de la plus grande ferme aéroponique du monde avec une surface de 6.500 m². Cette ferme test est là où tout a commencé.

« Depuis dix ans, nous développons des algorithmes de croissance de plus de 250 légumes si bien que nous pouvons enregistrer en temps réel tous les besoins en nutriments et en eau des plantes selon leur stade de croissance », explique Marc Oshima.

Tout est réglé de manière très précise, même l’éclairage apporte une longueur d’onde optimale pour chaque production. Cette façon de produire comporte de nombreux avantages tels que des rendements plus fréquents tout au long de l’année (temps de maturation des végétaux réduit), une baisse de 95 % de la consommation en eau, une baisse de 50 % des besoins en engrais, un recyclage intégral des nutriments en sus, aucune nécessité de pulvériser des pesticides, tout ceci pour une agriculture bio qui plus est sans OGM.

© AeroFarms

Exemple d’une unité de production © AeroFarms

La ferme verticale aéroponique consomme de l’électricité bien sûr, et beaucoup, mais ceci peut être relativisé. En effet, la proximité de la production avec la population réduit grandement les coûts énergétiques et financiers du transport des marchandises. Une alternative intéressante lorsque l’on sait que 80 % des hommes finiront par vivre dans les villes au cours de notre siècle. Cela permettrait d’économiser des terres arables aujourd’hui surexploitées et éviter la destruction de la nature dans le but de créer de nouvelles terres exploitables, comme c’est le cas en Amazonie.

Cette ferme test en plein New Jersey est peut-être à l’origine d’une éventuelle révolution de l’agrobuisness. En tout cas, ce projet, qui a nécessité 36 millions d’euros (financé par la banque Goldman Sachs et le groupe groupe d’assurances Prudential), prévoit de produire 1000 tonnes de choux et salades par an.

Sources : CNBCFAOLe TempsSciences et Avenir


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