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Il découvre la « super patate » qui résiste au sel, une nouvelle arme contre la malnutrition

Un agriculteur hollandais a déniché une variété de pommes de terre supportant le sel, représentant une alternative au fléau touchant 10 % terres irriguées : la salinisation des sols, les rendant stériles et menaçant la sécurité alimentaire.

Selon l’Institut pour l’eau, l’environnement et la santé au sein de l’Université des Nations Unies, 1 à 2 % des terres cultivées à travers le monde disparaîtraient chaque année. 1/10e des terres irriguées mondiales sont touchées par le sel, se répercutant sur les récoltes.

Parmi ces terres irriguées, il y a deux cas : les terres situées sur les littoraux, chargées en sel (salinisation primaire) par submersion fréquente, ainsi que les terres arides retenant le sel de l’eau abondamment utilisée pour l’irrigation (salinisation secondaire). Pour ce dernier cas, la salinisation s’explique par l’érosion des roches et des sols, se déversant dans les fleuves, servant ensuite à irriguer les cultures. L’eau, chargée en sel, s’infiltre alors sous les plantations.

Dans tous les cas, l’eau chargée en sel s’infiltre alors sous les plantations tandis que le sel se fixe autour des racines des plantes qui se retrouvent dans l’incapacité d’absorber l’eau dont elles ont besoin. Il s’agit d’un problème pouvant concerner 40 % de la production vivrière mondiale dans le futur, soit un risque pour 250 millions d’humains.

Marc van Rijsselberghe cultive sur l’île de Texel, au nord des Pays-Bas, une variété de pommes de terre résistante à la présence de sel dans l’eau, un fait rare dans le règne végétal. La pomme de terre tolère plus ou moins le sel en général, cela dépend des variétés. Voici le (court) résumé d’une étude de l’IMIST (Institut Marocain de l’Information Scientifique et Technique) qui tenta déjà en 1999 de démontrer le comportement de huit variétés de pommes de terre en milieu salin.

Ainsi, dans le cas de notre hollandais, pas besoin de bloquer ou d’éliminer l’eau salée, il suffit d’isoler une culture de (ses) patates et utiliser cette eau. Il s’agit de la recommandation d’Arjen de Vos, chercheur à l’Université Libre d’Amsterdam, qui assiste Marc van Rijsselberghe dans son projet. Ils ont étudié ensemble différentes eaux avec une teneur en sel variable pour arriver à la conclusion suivante : 1 900 milligrammes de chlorure, soit un concentré équivalent à 10 % d’eau de mer serait le type d’eau irriguée optimale pour la culture de ces pommes de terres. Après application, ils se sont aperçus que les tubercules continuaient de pousser avec 20 % de concentration en eau salée. Une teneur en sel et en sucre plus élevée donnerait à ces patates un meilleur goût, selon Arjen de Vos.

« On ne voit pas la salinisation comme un problème, on la voit comme une opportunité » indiquait Arjen de Vos au Guardian le 18 octobre 2014

La découverte a été récompensée par l’USAid, un concours du gouvernement américain dont le but est de soutenir financièrement les projets de développement. La pomme de terre néerlandaise à été choisie parmi 560 autres projets venant de 90 pays différents.

Depuis peu, le duo de hollandais tente de comprendre si leur pomme de terre est cultivable (avec leur type de dosage eau/sel) sur d’autres sols et sous d’autres climats. Ainsi, Quatre plans ont été envoyés au Pakistan, subissant des tests dans différentes régions, dans le but de voir la faisabilité d’une culture importante de ce type dans des pays ayant des problèmes de salinisation des sols.

Sources : The GuardianWe DemainLe Vif